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Un parcours artistique
en plein cœur de Liège
A partir du 6 février
jusqu'au 30 avril
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Corentin Canesson & Damien Le Devedec – THE ANAL STAIRCASE

Rue Léopold, 20
Retrouvez cette oeuvre ici :
Rue Léopold, 20, Liège
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3053

Description

Contact propriétaire immobilier : M. Pierre Berryer – pierre@berryer.com


Corentin Canesson est né en 1988 à Brest, Damien Le Dévedec est né en 1987 à Pontivy. 

Ils vivent et travaillent à Paris et à Rennes. 

Damien le Dévedec et Corentin Canesson se rencontrent aux Beaux-Arts de Rennes en 2006.  De 2008 à 2014, ils co-dirigent avec d’autres le lieu d’exposition indépendant STANDARDS à Rennes. Leur collaboration se prolonge également dans la musique, tous deux membres du groupe TNHCH (The Night He Came Home) fondé en 2013. 

 

SD : Comment est née votre collaboration ? Dans quel contexte avez-vous décidé pour la première fois de travailler ensemble ? 

CC : Très simplement à partir de cette rencontre aux Beaux-Arts. Nous étions en deuxième année, et c’est dans le cadre d’un atelier à l’école que nous avons commencé à dessiner et à imaginer des projets collectifs. 

D’abord avec Julien Monnerie, puis avec Maëla Bescond. Tous les quatre nous avons ouvert en 2008 un espace d’exposition, STANDARDS, projet que nous avons tenu jusqu’en 2014. Mais disons que durant ces premières années, nous étions plus dans une posture de commissaires d’exposition que dans celle d’un collectif d’artistes. Le travail de dessins et de peintures,  en duo, ou tout du moins signé à deux, est arrivé en 2014.

 

SD : Peut-on parler de protocole ou de processus créatif ? L’un dessine et l’autre peint. 

Etablissez-vous au préalable les sujets autour desquels vous allez travailler ou les images se créent-elles de façon plus instinctive ? 

CC : C’est plutôt une espèce d’habitude de travail qui va créer des automatismes, qu’on pourrait qualifier de processus ou de protocole. Et pour éviter l’ennui où un confort un peu stérile, il y a souvent des règles ou des contraintes que l’on se donne avant de démarrer un projet. Pour Liège  par exemple, la contrainte de n’utiliser que du noir et blanc. Mais si l’on suit l’idée du jeu, il y a toujours un moment où la règle va se modifier ou un élément de triche qui va se créer, qui permettra d’amener un écart important entre ce que l’on projette et ce qui va se réaliser. Très souvent cela vient d’éléments contextuels propres à l’invitation aussi divers que : l’endroit où l’on est invité à exposer et/ou travailler, ce qu’on lit sur le moment, la musique qu’on écoute, l’actualité, une référence trouvée par hasard, ou une blague entendue dans un bar.

 
SD : Vous avez voulu intégrer dans la vitrine les toiles de Bastien Cosson qui a exposé lors de la première édition d’Art au Centre. Envisagez-vous cette présence comme une collaboration également ? 

CC : C’est plutôt l’idée d’amener d’emblée une possibilité d’absorption au projet, que l’on puisse, sur le temps où l’on va travailler sur place ou durant les  mois de l’exposition, accueillir d’autres gestes, d’autres œuvres, d’autres artistes. Ensuite tout simplement, disons que ça tombe bien, on connait bien Bastien Cosson et on a eu envie dès le départ de produire une accumulation et aussi de jouer avec une certaine temporalité du projet d’Art au Centre à Liège. Si tu suis où on veut en venir, on serait très heureux de laisser nos pièces et celles de Bastien à un.e autre artiste pour la 3 ème édition, et au bout d’un certain temps, mettons 10 ans, offrir ce grand ensemble à la ville de Liège pour la construction d’un musée un peu spécial…

SD : Lors de votre dernière exposition à Pauline Perplexe (lieu d’exposition indépendant, Arcueil, Fr), vous avez développé tout un environnement : rejoué « la chambre de peintre décorée de leurs portraits candides, tristes ou monstrueux ». Quelle importance apportez-vous au lieu, à l’espace de monstration ou d’exposition ?  Pourrions-nous dire que le lieu prolonge l’œuvre autant qu’il se trouve intégré à elle ? 

CC : Oui c’est ça !!

 

SD : Pour Art au Centre, les artistes sont invités à investir des vitrines vides dans le centre de Liège. Que représente pour vous le fait de montrer des œuvres dans ce contexte particulier, à la fois visible et clos, et directement intégré à l’espace public ? 

CC : On a connu quelques précédents dans notre travail : le lieu que nous avions monté à Rennes STANDARDS disposait d’une vitrine et nous étions en plein centre-ville. Il y a eu une exposition en 2013 qui s’intitulait «  De l’espace le singe iranien regarde l’Espagne », qui consistait à montrer un ensemble de pièces uniquement dans la vitrine et donc 24 heures sur 24. Je crois que la première motivation était la lassitude d’effectuer les permanences de l’espace d’exposition, ça a amené aussi un rapport plus direct et disons sans médiation avec le spectateur qui nous avait bien plu à l’époque. 

De mon côté, j’avais réalisé un projet à Brest en 2015 où un ensemble de 40 peintures / affiches originales étaient placées dans les panneaux d’affichage en verre de la ville de Brest, en amont de l’exposition que je produisais. C’est aussi une autre manière de penser la question de l’exposition, de sa temporalité, de son public, et de la visibilité de manière générale. Et c’est bien sûr ce que vous proposez dans votre invitation. Pour Liège, on a eu envie de jouer sur une mise en scène du travail, de le rendre visible, et également sur des modifications qui pourraient intervenir durant ces trois mois. Plus largement c’est une manière d’envisager l’exposition comme un médium à part entière, et qui n’est jamais figé.

 

SD : Il y a également une question d’accumulation dans votre travail collaboratif. Il y a-t-il une volonté d’épuisement du sujet ou au contraire une volonté d’affirmer un déploiement presque infini des possibles de la peinture ? 

CC : ça me semble infini ! A partir du moment où ce que vous faîtes est ouvert à tout et à tout.e.s ça me paraît difficile de toucher la moindre fin de quoi que ce soit. Ou alors le temps d’une vie, et l’espace de la planète. 

 

SD : Peut-on envisager l’usage de la citation ou de la référence comme un point d’appui critique sur la création contemporaine ?  Je pense notamment à la présence multiple de l’iconographie de l’artiste et de son atelier. 

CC : Oui on peut… Mais je pense que la citation est présente dans l’art depuis toujours, il suffit d’envisager toute une partie de la peinture classique en tant que citation (assez constante) d’un certain livre…  On va dire qu’à partir du 19e siècle le champ de références a juste explosé. Mais je vois ça d’une manière très positive et disons « inspirante ».

 

SD : Vous accordez également une place importante au titre des œuvres et des projets. 

Vous avez choisi pour Art au Centre de nommer la vitrine ‘The Anal Staircase’ du groupe Coil. Comment envisagez-vous la question du texte et des mots dans votre travail ? 

Il y a-t-il également un jeu d’aller-retour entre inspiration et citation ? 

Vous faites tous les deux partie du groupe TNHCH. Comment intégrez-vous la musique aux arts plastiques et inversement ?

CC : La réponse est dans la question, puisque nous avons effectivement choisi le titre d’un morceau de musique comme un des points de départ du projet pour Liège.  

On écoute toujours de la musique lorsqu’on travaille donc c’est quelque chose qui rentre naturellement dans la pratique comme référence et qui à force s’est transformé en désir de faire nous-même de la musique, on a parfois fait ça comme les bandes son de nos expositions. Mais c’est pareil pour les références formelles : certaines œuvres nous donnent envie de faire, et il y a bien sûr un décalage entre ce qui a donné cette envie et ce qui arrive à la fin. Pour ce qui est du texte, disons que c’est quelque chose de très pratique, notamment pour signifier certaines choses qu’on ne  pourrait pas dessiner, peindre ou jouer. J’ai l’impression que c’est pas mal utilisé dans le monde d’ailleurs.

 

9/ Je suis très heureuse que vous ayez accepté de participer à ce projet au cœur de Liège, une ville qui me tient particulièrement à cœur. Je sais que cette visite sera une première pour vous. Que souhaiteriez-vous y découvrir ? 

CC : Avec plaisir ! On verra bien !

Commissaire : Sophie Delhasse

Adresse: Rue Léopold, 20
Ville:
State/County:
Code postal: 4000
Pays: Belgium
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Property Id : 19317

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