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À la loupe
Werner Moron
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Cloakroom
Charlotte Delval
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Biospheric City
Xavier Mary
25 Rue Saint Paul
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This Is Not a Theory
Giuseppe Arnone
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Barbaro after the hunt
Andréa Le Guellec
56 Rue Saint-Gilles
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Nos lieux de bonheur
Benjamin Hollebeke
141 Féronstrée
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Entre Deux
Adrien Milon
31b Rue de la Cathédrale
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Your Parcel Is Coming
Aurelien Lacroix
5 Rue Saint-Michel
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Marcher, cueillir, jardiner, teindre
Benjamin Huynh
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À nos jours heureux
DIAAAne (Diane Stordiau)
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One Loft Race — Pigeon Paradise
Lucas Castel
20 Rue de la Sirène
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Les envahisseurs
Dimitri Autin
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Vous êtes toustes flou·e·s
Marcelle Germaine
107 - 109 Rue de la Cathédrale
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Le jeu d’un destin
Mikaïl Koçak
52 En Neuvice
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Rue Monrose, 62 : La chambre L’enfant Le train
Paul Gérard
180 Rue Saint-Gilles
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Peek
Raphaël Meng WU
75 Rue Hors-Château
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Un buisson de clés (Sleutelbos)
Amber Roucourt
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Brownfields
Cesare Botti
108 Féronstrée
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Never Finished
Dirk Bours
84 Féronstrée
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Empty Reflections
Jason Slabbynck
21 Pont d'Île
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On « Sexy Magico »
Louis Gahide
7 Rue Lambert Lombard
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Opalima Kupina : Liège episode A Stop Pavilion: On the Soft Underbelly of Europe.
Nikolay Karabinovych
1 Féronstrée
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Sans titre
Reza Kianpour
14 Rue de la Populaire
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Angle Mort
VIVONS CACHÉ·ES
31a Rue de la Cathédrale
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Haya al salat, haya ala falah*
Sarah Van Melick
4 Rue de la Cathédrale
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Nos lieux de bonheur
#18
Benjamin Hollebeke
427141 Féronstrée
Un vent léger vient froisser la montagne de sable, soulignant des brisures inégales, provoquant de lentes coulées, effaçant ce qu’il reste d’empreintes de pas. Les traces plus lourdes d’un engin de chantier sont, elles aussi, exposées à disparition. Entre vie intérieure et vacuité de sablier, les grains amoncelés glissent en silence vers le sol, absorbant des bruissements de solitude. Faibles palpitations de la masse des couleurs, entre gris clair et beau noir ténébreux, comme si le dénuement du lieu amplifiait et condensait, par les fusains de Benjamin Hollebeke, la vision désertique de cette zone de monticules et de dunes, artificiellement gonflée par le charroi des machines.
La vacuité des sables érodés laisse cependant notre mémoire poreuse s’y frayer un passage en eaux étroites. Hors-champ, sur les flancs de la montagne d’en face, couverte de pierres calcareuses, de silex, de buissons et d’arbres poussés à la diable, une bande d’oiseaux s’est nichée entre les herbes hautes. Elle donne gage au regard, qu’à la fascination première du dépouillement peut s’accorder la présence d’émotions et de sensations, porteuses de souvenirs. Le « désert du vide » offre un voyage dans notre espace sensible. Discret, fragile, distendu, lointain parfois, l’équilibre ainsi dessiné par le regard de l’artiste forme l’ossature méditative et intime des êtres vivants – du moins, ceux pour qui ré-enchanter la vie n’est pas chose anodine.
Devant cette œuvre de Benjamin Hollebeke, le spectateur se découvre, ainsi que l’écrivait en d’autres temps le géographe Louis Poirier, comme « l’unique maître d’une terre secrète, qui semble pour lui seul laisser transparaître le reflet faible d’un trésor enseveli ». Nos lieux de bonheur.