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Chapitre IV – The Supermarket (O Canto da Floresta)

#12

João Basto

Artiste sélectionné dans le cadre de l’appel à projets

27810 Passage Lemonnier

Le supermarché est un lieu de rencontres. Des marchandises arrivent le matin, certaines sont rangées, d’autres sont mises dans les rayons par les employés. Des clients rentrent dans le magasin, les choisissent et les échangent contre de l’argent. Les caissiers scannent les produits un par un et prennent les paiements. Les clients repartent et sont remplacés par d’autres. Les tickets de caisse entre temps oubliés sur le terminal sont les traces de cette activité : le papier qui se plie sous le poids de son accumulation enregistre les chiffres de cette histoire des choses.

 

Une vitrine est la partie d’un magasin séparée de la rue par une vitre où l’on expose des objets à vendre. On voit, mais on ne peut pas toucher. Elle présente une sélection de produits visibles tout en dissimulant, sous les images du marketing, le fonctionnement de la boutique. Elle nous donne à voir un petit théâtre, comme une invitation, mais la marchandise ne nous dit pas par où elle est passée. Je ne cherche pas à reconstituer ce passé, mais en assemblant des morceaux de réel, en juxtaposant des mots et des images, je voudrais construire un environnement, une musique, celle de cette forêt composée d’un nombre incalculable de choses qui remplissent et produisent notre monde. On pourrait s’interroger sur ce qu’elles disent de la culture qui les a conçues, mais peut-être, et avant tout, cette atmosphère exprime la volonté d’être dans le mouvement des rues, d’être dehors, d’être simplement de l’autre côté de la vitrine.

 

 

« Les grands magasins c’est épatant,

On peut dire maintenant que l’vrai Paris

Ce n’est plus le boul’vard,

Mais le Printemps. »*

 

* Extrait de Dans les magasins, chanson française de 1928, écrite et interprété par Bach, Laverne et Nina Myral.

João Basto