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The Sunken Place

#14

Louise Rauschenbach

Artiste sélectionnée dans le cadre de l’appel à projets

3444 Rue de la Cathédrale

J’ai vu une vidéo sur Instagram ou TikTok en vision subjective à la première personne (comme dans les jeux vidéo,) une descente dans un toboggan fermé, et à la fin de la glissade, tu arrives dans un lieu type salle d’attente chez le dentiste complètement vide, carrelage au sol, éclairage artificiel, etc.

Dans l’espace commentaires, les internautes répondaient en masse : « J’ai déjà fait ce rêve, c’est fou, ça donne des frissons. » Personnellement, j’ai l’impression d’avoir aussi déjà vécu ce rêve, et ce qui est particulièrement troublant, c’est de réaliser qu’il semble appartenir à une mémoire collective.

 

Je n’ai jamais retrouvé cette vidéo, comme la plupart des informations sur Instagram, qui sont éphémères. Il me semble même avoir douté de son existence, mais elle m’a vraiment marqué.

 

À un moment donné, de nombreuses images similaires ont commencé à apparaître avec le hashtag #LiminalSpace. Cela qualifie : un lieu d’entrée vers une réalité alternative.

 

Les internautes continuaient à parler de leurs rêves et de cette sensation déstabilisante de familiarité onirique, symptomatique d’une intimité collective.

 

Cette vague d’images présentait des espaces très artificiels, en partie composés d’espaces d’interstices qui semblaient n’avoir aucune autre fonction que d’être traversés. Il s’agissait d’espaces très vides, des non-lieux transitoires où l’on passe d’un état à un autre.

 

Et si plusieurs personnes empruntaient ce tunnel et étaient englouties, comme toi, dans cette frontière artificielle, cette lisière qui touche au subconscient ? Sans jamais se croiser ? Peut-être que cette étrange impression cognitive appartient moins à la fiction qu’on ne l’imagine.

 

 

 

Extrait d’entretien réalisé entre Louise Rauschenbach, artiste, et Pierre Ruault, critique d’art, le 7 janvier 2024.