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La dernière pluie

#9

Julia Gault

Commissaire: La peau de l’ours

2099 Passage Lemonnier

Le travail de Julia Gault confronte de façon récurrente l’éphémère mise en forme de matériaux naturels à la froideur et l’inertie de structures métalliques. La malléabilité et le changement font face à l’immobilisme. Cette dichotomie donne l’impression de contempler nos sociétés aveuglément figées face à de multiples perturbations censées entrainer quelques changements à défaut d’un véritable bouleversement. La question de l’eau et de son imprévisible impact sur la terre – et la Terre – est omniprésente dans l’œuvre de Julia Gault. Les notions de territoire, d’habitat, de résilience et d’effondrement sont tour à tour abordées dans cette approche subtilement politique.

Dans son œuvre, la terre devient l’élément constructif et narratif tandis que l’eau y est l’élément activateur. Renvoyant, tantôt à la nature, tantôt à une tradition millénaire de construction et création anthropique, la terre symbolise le lien indéfectible entre la civilisation et son cadre naturel, alors que l’eau est intégrée dans ce travail pour ses caractéristiques fluidifiantes.

L’impensable thèse d’une civilisation mortelle trouve un écho poétique dans les sculptures et les installations de Julia Gault. En matérialisant l’insoutenable fragilité de notre quotidien, son œuvre ébranle les soubassements sur lesquels nos sociétés et nos vies sont créées. L’instabilité, qu’on ne veut percevoir, se manifeste dans le temps qui passe, les dérèglements climatiques et cette tendance à toujours construire plus haut, plus grand et tout simplement plus. Julia Gault emprunte à l’image du colosse aux pieds d’argile pour signifier cette impuissance humaine face son illusoire maîtrise de la nature.

 

La peau de l’ours