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PEEPING TOM

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Mohammed Alani

Commissaire: Philippe Braem

1159 En Féronstrée

Cela fait presque cinq ans que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Je préparais à l’époque, pour la Biennale de Venise, le Pavillon de l’Irak, le pays où tu es né. La réunion était bien plus qu’une simple visite d’atelier. Dans un espace quelque part à Forest, une sorte de garage vide, vous aviez préparé une petite exposition. Vous pensiez qu’il était important que je puisse expérimenter physiquement votre travail, au lieu de me montrer une série de photos sur votre écran d’ordinateur. La rencontre a été une véritable invitation à regarder, à ressentir une transformation, à jouer un jeu. Et ce jeu, nous l’appelons de l’art. Il est essentiel de regarder ainsi la capacité de donner, à travers l’imagination, un autre sens aux choses. Le bouchon d’une bouteille d’eau peut facilement devenir une ville pour un enfant. Un bâton d’arbre peut même se transformer en bus. En tant qu’artiste, vous jouez, bien sûr, mais sérieusement, après y avoir réfléchi et bien pesé. Ce que la plupart d’entre nous jette et jette devient la matière première de votre œuvre d’art. Et tout comme Picasso qui a assemblé une selle et un guidon sur un vélo pour faire un assemblage, vous rassemblez des objets en les reliant les uns aux autres, en les juxtaposant, en les attachant temporairement. Chaque œuvre est comme une idée, une photo qui n’a pas encore été prise, une impulsion ou une pensée. Elle nous indique où regarder, nous invite à relier forme et espace. De plus, le spectateur devient souvent partie, protagoniste, complice, notamment dans les performances. Le spectateur devient porteur, socle, et se voit donc réduit à un objet. Les moments sont modelés à l’image d’un sculpteur qui façonne un visage en argile. Mohammed Alani emprunte ou cite non seulement des éléments visibles de l’histoire de l’art récente, mais aussi des principes qu’il bouleverse. Néanmoins, Mohammed Alani est avant tout un artiste qui, intuitivement, construit des images qui rehaussent la banalité du quotidien avec une simplicité ludique.

 

Philippe Van Cautere